Dans cette newsletter, l’une de mes intentions était d’aborder la question de la santé mentale. C’est un vaste projet. Jusqu’à présent, je ne l’ai fait qu’en filigrane. A travers mes textes, fictionnels ou non, j’ai abordé des thèmes tels que la solitude, la rupture du lien, la perte, le sentiment d’enfermement et la quête de liberté, le rapport à soi auquel nous renvoient les autres, et j’en passe. Je gravitais autour, sans vraiment les prendre de front. Je ne mâchais pas mes mots pour autant. Je n’ai jamais voulu filtrer les émotions lorsqu’elles relevaient de la tristesse, de la peine, de la mélancolie. On m’a souvent fait comprendre que mes textes ne respiraient pas la joie. Que ce n’était ‘pas très positif, tout ça’. Cela ne me pose aucun problème. On est pas sur Instagram, ici. Pourquoi les gens ne se sentent à l’aise que lorsque tout va bien ? Nous n’avons pas appris à être à l’aise avec notre peine. Encore moins avec celle des autres.
Je voulais aussi montrer que la joie, le bonheur, la complétude, étaient plus fragiles qu’ils paraissaient. Qu’ils ne pouvaient pas toujours être une constante. Pour moi, ça a toujours été une alternance entre chute libre et envol. Aussi opposées que puissent être l’inspiration et l’expiration.
Pour la série que j’entame ici, je rentrerai dans le vif du sujet. Problèmes de santé mentale : de quoi parle-t-on, finalement ? Je commencerai par aborder la mienne, avant de rendre compte de celle d’autres dans des épisodes ultérieurs. J’ai autour de moi des soldats qui se battent tous les jours. Qui pleurent, rient, hurlent en silence. Que je ne voudrais voir partir. Que j’entends, malgré tout. Toi aussi, tu l’entends ? C’est le bruit que fait le silence. Je voudrais rendre compte de tant de phénomènes : dépression, anxiété, insomnies, TDAH, TSA, TBP, etc. Donner la parole. Rendre justice. Rassurer. Plus simplement, rappeler que l’on est pas seul.e.
Voici le premier chapitre de mon parcours. Le prologue de mon monde à moi.
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